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Mesdames, messieurs, bonjour
Ce n’est pas parce que j’occupe le même poste au BIP que notre illustre ancêtre que je suis là aujourd’hui pour lui lancer quelques fleurs.
Malgré le fait que je n’ai pas eu le plaisir de rencontrer ce grand monsieur – il est mort pratiquement au moment de la naissance de mon propre père – j’ai le sentiment de le connaître assez bien par son travail. Quand j’étudie les obstacles qu’il a dû affronter pendant ses 5 ans au secrétariat du BIP – problèmes de financement, de disputes entre tendances politiques, et tout simplement le volume de communications nécessaires - eh bien, j’ai le sentiment de me retrouver au BIP de nos jours.
L’époque où vivait Ducommun était bien plus calme que la nôtre. C’était la ‘longue paix’ entre la guerre de 1870 et celle de 1914. Mais parmi les milieux politiques les idées bouillonnaient et la conscience des dangers de la guerre était toujours présente. Le BIP, dont Elie Ducommun fut le premier Secrétaire-général, fut la cheville ouvrière d’un mouvement international qui commençait à avoir un impact. La preuve, c’est peut- être son influence exercée via la Baronne Bertha von Suttner à la Conférence de la Paix à la Haye en 1899.
N’oublions pas qu’Elie Ducommun a commencé son travail au BIP lorsqu’il avait 68 ans. Il a reçu le Prix Nobel à 69. Il vient au BIP fort de toute son expérience professionnelle et politique : éducateur, journaliste, traducteur, Chancelier, franc-maçon, administrateur des chemins de fer ...en un mot, un homme de plume. Une plume de colombe, bien sûr.
Les commentaires contemporains sont apparemment unanimes : c’était un homme bienveillant, chaleureux, idéaliste – et en même temps méthodique, pragmatique, et d’un extraordinaire dévouement.
Le Bureau fut établi à Berne, et c’est là ou il est mort, en 1906. Mais c’était un genevois...Plus qu’un genevois, c’est un Suisse… Plus qu’un Suisse, c’est un homme du monde. Donc, un genevois…
Si vous n’avez pas eu le temps de le rencontrer, vous pouvez le faire à tout moment, en rendant visite à son buste à la promenade de St Jean – buste érigé en 2002 par les soins de Roger Durand et de notre petit comité Ducommun – et bien sur en lisant notre livre consacré à ce grand personnage trop longtemps oublié.
Colin Archer, décembre 2006
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